Les Mattagumber jouent les frasques de Gargantua - Les Mattagumber
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Les Mattagumber

Les Mattagumber

Spectacles en plein air. Théâtre - Musique - Danse - Chant - Poésie...


Les Mattagumber jouent les frasques de Gargantua

Publié par mattagumber sur 8 Août 2009, 20:16pm

Le bel appétit de scène des Mattagumber

Photo Sébastien Spitaleri

image001.jpgAffiche gargantuesque cette année pour les Mattagumber de Mooslargue. Entre danse, chant, musique et théâtre, les membres de la troupe vont faire revire le héros de Rabelais, Gargantua, à l’occasion de quatre représentations, du 12 au 15 août prochain. Il y sera question de guerre, de jeunesse et d’éducation. -> Page 21

 

 

 

 

 

Les Mattagumber jouent les frasques de Gargantua

Les parents de Gargantua en compagnie de Rabelais (à droite), narrateur du spectacle. Photos S.Sp.

  Pour leur nouveau spectacle, les Mattagumber se sont attaqués à un gros morceau en s’inspirant de l’œuvre de Rabelais, et en particulier de son « Gargantua » pour en faire une adaptation fraîche et détonante qui mêlera danse, chant, musique et théâtre.

 

« Faire revivre cette figure de Gargantua très populaire ». C’est le défi fou que se sont lancés cette année les Mattagumber. Et s’il y a plus de vingt ans, lors de leur création, la troupe axait ses représentations sur des chansons traditionnelles, des musiques de la Renaissance et des danses du XVI siècle, elle s’est ouverte petit à petit, dans les années 2000, au monde du théâtre et des spectacles en plein air pour proposer un jeu de scène plus important, comme lors du spectacle La Fabrique en 2005.

 

Et cette année, en adaptant Gargantua, les Mattagumber renouent un peu plus avec ce côté théâtral. « Il y a beaucoup plus de passages de théâtre que les précédentes années », confirme le metteur en scène, Mathieu Lavarenne. Rabelais tient d’ailleurs un rôle de narrateur important tout au long du spectacle, introduisant les nombreuses scènes et assurant les transitions entre parties jouées et scènes musicales de chants ou de danses.

 

Et c’est justement au terme d’un prologue rabelaisien vindicatif, qui tire volontairement en longueur, et appelle à se souvenir de « boire à ma santé, et je vous en promettrai autant », que s’ouvre la pièce.

 

Gigantisme et réalisme

 

image003.jpgAdaptée avec brio par Mathieu Lavarenne, l’œuvre de Rabelais garde toute son authenticité et le jeune metteur en scène y apporte en même temps une touche personnelle comique et cocasse qui vaut le détour. « Ca faisait longtemps que le texte m’intéressait. Pour adapter cette œuvre littéraire au théâtre, il a fallu chambouler pas mal de choses et se poser la question de comment représenter le gigantisme », explique Mathieu, qui optera finalement pour des décors démesurés mais des personnages de géants à taille humaine. « Par convention, tout le monde sait que Gargantua est un géant et dans l’œuvre de Rabelais, on s’est aperçu que l’auteur fait fi de tout réalisme, par exemple dans un passage où Gargantua est assis sur Notre-Dame de Paris les pieds dans la Seine, puis quelques scènes plus loin, assis à la table d’humains en mangeant la même chose qu’eux ».

 

S’inspirant majoritairement du Gargantua de Rabelais, mais aussi d’autres œuvres comme Le Tiers Livre, Pantagruel, Le Quart Livre ou La Dive Bouteille, le spectacle aborde des thèmes variés. Si la deuxième partie du spectacle évoque la guerre, d’une façon bien originale, commentée de l’extérieur d’une manière « très sportive », la première évoque de belle manière la jeunesse de Gargantua, où « les plaisirs du corps et du ventre » et l’éducation sont mis en avant - toujours dans la démesure - Gargantua en faisant d’abord à sa tête devant un père extasié, avant de passer par une éducation plus rigide et enfin de trouver un juste milieu avec son dernier précepteur Ponocrates.

 

« Il y a une certaine idée de l’éducation humaniste qui est intéressante », commente Mathieu. Et de conclure : « Ce qui m’a plu chez Rabelais, c’est qu’il y a aussi un plaisir de l’âme, une nourriture de l’esprit, un éloge de la science et de la philosophie. On n’est pas que dans la bouffonnerie inculte, c’est aussi d’une culture très profonde ».

 

Sébastien Spitaleri

 

Edition du samedi 8 août 2009

 

 

 

« Séduite par l’ambiance de groupe »

Catherine Peter vivra sa première expérience scénique avec les Mattagumber.

image005.jpgConseillère municipale à Mooslargue, Catherine Peter suit « depuis toujours » les aventures des Mattagumber en tant que spectatrice. Elle a décidé cette année de franchir le pas et de vivre l’expérience de l’intérieur avec la troupe. Une première participation modeste et en douceur pour cette amoureuse de danse. « Je participe principalement aux danses. Danser, c’est quelque chose que j’aime bien, tout comme la prestation scénique ». Et aux scènes de danse auxquelles Catherine participera lors des quatre représentations, il convient d’ajouter « quelques petits rôles théâtraux ».

De quoi mettre un peu plus la pression à cette néophyte. « C’est une vraie première pour moi. Je n’ai jamais fait de théâtre et je n’ai jamais dansé lors d’un spectacle devant un public », confie-t-elle avec une pointe de trac.

 

C’est gargantuesque


Lors de la première, mercredi prochain, Catherine devra pourtant faire abstraction de son trac pour se lancer dans l’arène, mais elle pourra compter sur la bonne ambiance du groupe pour se rassurer. « J’ai été séduite par l’ambiance de groupe. C’est ce qui m’a motivé pour commencer. C’est une troupe où il y a de la créativité au niveau de la danse, comme au niveau de l’écriture ».

Et avec les quelques heures d’entraînement effectuées depuis le mois d’avril, tout devrait bien se passer pour Catherine, comme pour les autres danseurs et comédiens des Mattagumber.

Ce clan d’amis et d’amoureux de chant, danse et théâtre s’attaque à - c’est peu dire - un gros morceau en la personne de Gargantua. Un personnage plaisant de par sa bonhomie et son gigantisme : « Ce qui me plaît dans Gargantua, c’est toute cette grandeur, tout est fait en grand. C’est gargantuesque », conclut Catherine.

 

S.Sp.

 

« Le goût de la création »

Mathieu Lavarenne, metteur en scène.

Mathieu-Lavarenne--metteur-en-scene--ph.-Sebastien-Spital.jpgSi les Mattagumber se consacraient exclusivement aux danses et musiques traditionnelles alsaciennes à leurs débuts dans les années 80, l’orientation de la troupe a bien changé depuis, pour s’ouvrir aujourd’hui au monde du spectacle sous toutes ses formes alliant chants, danses et théâtre.

 

Et le premier spectacle baptisé Jour et Nuit et joué au château de Ferrette en 2003, aura servi de déclic pour la troupe. « Une seule animation était prévue, mais ça avait si bien marché qu’on a rejoué la semaine d’après. C’est à ce moment-là qu’on a vraiment pris goût à la création », explique Mathieu Lavarenne.

 

L’année suivante, c’est La Nef des fous, une adaptation de texte de Sébastien Brand qui est joué à Ferrette, avant La Fabrique en 2005, interprété dans un verger privatif à Mooslargue, le château de Ferrette étant en travaux. « Jusque-là, nos spectacles étaient constitués de chants, danses, musiques et poésies. C’est cette année-là qu’on a rajouté le côté théâtral », commente Mathieu. Dès lors, les Mattagumber ne quitteront plus Mooslargue pour jouer en 2006 L’épopée de Gilgamesh, premier texte de l’histoire littéraire de l’humanité, L’Oiseau de feu en 2007, un conte russe, et enfin Au chant d’honneur l’an dernier, un spectacle où la guerre était chantée sous toutes ses facettes.

 

S.Sp.

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